3 questions à Chantal Jouanno
| 3 questions à Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie et ancienne Auditrice du CHEE&DD |
A la veille de la septième édition de la semaine du développement durable, quel bilan tirez-vous depuis son lancement ? La formule ne s'essouffle-t-elle pas ?Bien au contraire. Cette année, comme chaque année depuis sept ans, le nombre des entreprises, associations, établissements scolaires, collectivités locales... engagés dans l'événement va encore croître. Les 1 700 opérations déjà enregistrées à la mi-mars démontrent d'ailleurs que la formule ne s'essouffle pas ! Le retentissement de cet événement sera en outre d'autant plus grand qu'il va être accompagné par la première campagne d'information grand public, télévisuelle et radiophonique, sur les écolabels afin de guider au quotidien les choix d'achat des français. Le thème retenu cette année est celui de la consommation durable. On reproche souvent aux produits qui répondent à cette problématique d'être plus chers. Est-ce compatible avec les préoccupations des Français concernant leur pouvoir d'achat ? Si l'on considère l'ensemble du cycle de vie de ces produits et leurs bénéfices induits sur l'environnement, la santé des Français, leur pouvoir d'achat ou les conditions de vie des producteurs, on ne constate pas de tels écarts de prix. Simplement, pour le réaliser, encore faut-il peut être changer l'idée que nous nous faisons de la consommation. L'acte d'achat ne se résume pas à un arbitrage économique ponctuel. Quelle que soit la somme en jeu, consommer, c'est investir. Les Français l'intègrent chaque jour davantage. C'est d'ailleurs évident s'agissant de l'électroménager de classe A ou des ampoules basse consommation. Le gain économique constaté sur la facture d'énergie permet de compenser rapidement le surcoût initial. Une telle prise de conscience doit désormais s'étendre à des bénéfices moins directs. Je pense notamment aux aménités environnementales positives de l'agriculture biologique ou aux possibilités de développement offertes par le commerce équitable. A la lumière de ces bénéfices, le surcoût actuel de ces produits prend tout son sens. Il nous met face à notre responsabilité de consommateurs citoyens et nous rappelle que nos décisions quotidiennes les plus anodines ne le sont pas tant que ça. Les Français l'ont compris, j'en suis convaincue. Cela dit, vous avez raison de souligner que certains produits sont inabordables pour nombre de Français. Il faut être clair : à leurs difficultés économiques ne s'ajoutera pas l'inégalité environnementale. L'écologie n'est pas un luxe réservé aux classes aisées. Au contraire, l'enjeu est qu'elle soit le quotidien de chacun. Avec le bonus-malus, avec la TVA à taux réduit que nous négocions, avec la généralisation de ces produits, nous les rendrons bon marché. Une semaine par an, n'est-ce pas prendre le risque de reléguer le développement durable à un fait divers, au moment où il peut constituer un facteur de sortie de crise ? En une semaine, nous faisons masse d'opérations qui ont lieu toute l'année. L'enjeu est de mettre en avant différentes initiatives de terrain souvent méconnues et de rendre ludiques et enthousiasmantes des exigences jugées parfois contraignantes. Cela est essentiel lorsque l'on sait que 50% des objectifs que nous nous sommes fixés seront atteints par les changements de comportements des différents acteurs sociaux. Bien entendu, la promotion du développement durable ne se résume pas à cette semaine de manifestations. Le travail d'information confié par le Gouvernement à l'ADEME est conduit tout au long de l'année. Nous lui consacrons d'ailleurs près de 40 M euros supplémentaires en 2009. www.semainedudeveloppementdurable.gouv.fr |
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A la veille de la septième édition de la semaine du développement durable, quel bilan tirez-vous depuis son lancement ? La formule ne s'essouffle-t-elle pas ?